Circulez, y’a rien à voir

L’actualité est pleine de ces histoires qui prennent comme un feu de paille et embrasent la sphère médiatique, bien vite chassées par une plus brûlante.

A ce petit jeu, nul doute qu’Emmanuel Macron aura vite décroché haut la main son diplôme du parfait pyromane, ce qui pourrait prêter à sourire alors que la chute de l’histoire ne peut que désoler.

Car au résultat, c’est bien l’honneur de toute une profession et plus particulièrement de l’un de ses membres que le ministre de l’économie aura fini par immoler, sans aucune considération pour les conséquences engendrées.

Alors que le débat parlementaire bat son plein à l’Assemblée Nationale sur les dispositions de la loi sur la croissance et l’activité qu’il défend, le ministre de l’économie est sérieusement chahuté par la triste réalité des conséquences de sa réforme sur les professions réglementées.

En cause ? La campagne de l’Association de Sauvegarde et de Promotion du Notariat (ASPN) qui ne manque ni d’humour ni de talent et qui a choisi une campagne choc mais efficace que nous connaissons tous pour rappeler la casse sociale de cette réforme.

Mais à défaut de pouvoir combattre une idée sur le fond et alors que son discours patine sur des poncifs, le ministre choisit de la combattre…sur la forme et avec beaucoup de cynisme en s’en prenant à l’un des protagonistes.

La démarche est d’abord insidieuse et créée l’évènement car voilà le ministre qui déclare sur le ton de la confidence (en plein hémicycle…chacun appréciera) qu’il a fait « l’objet de menaces de mort de la part d’officiers ministériels ». Quand on sait avec quel soin ces mêmes officiers sont suivis, voire inspectés annuellement pour les notaires par le procureur de la République, on comprend aisément l’émoi suscité par une telle affirmation. Savamment orchestrée et relayée par les services de communication de Bercy (payés avec nos impôts rappelons-le), la rumeur enfle dans les médias de sorte que rapidement la chasse au coupable est organisée.

La chasse ? Nous savons tous que la battue aura fini par faire pschitt et s’échouer sur notre ami et confrère Dominique Bartoli, victime collatérale de l’enquête…corse.

Peut-on raisonnablement penser à cet instant que le ministre ait alors craint pour sa vie ? Sûrement pas…mais l’intérêt médiatique du message n’a sans doute pas échappé à sa jeune conseillère-gourou en communication qui aura sans doute trouvé plus percutant d’attaquer un notaire corse plutôt qu’un clerc participant à cette campagne qui avait lui aussi parlé de plasticage pour…rappeler son goût pour les arts plastiques.

Une fois lancée, la machine s’emballe : la critique contre les notaires est terrible ! Rentiers, paresseux, profiteurs, lobbyistes, les voici désormais dangereux….on a presque échappé au mot « terroriste » mais il faut dire que le 7 janvier n’est pas loin et impose une dernière retenue dans l’escalade.

En application des dispositions régissant notre profession, un processus disciplinaire doit être entamé et notre confrère corse fait l’objet d’une audition au commissariat d’Ajaccio.

Le tout vient de se clôturer par un rappel à la loi intervenu le 20 mars dernier et à l’issue duquel notre confrère et ami sortira soulagé. Et nous avec lui.

Soulagés mais pas rassérénés et même…..sacrément furibards, ce qui est notre marque de fabrique.

Car si le procédé ne surprend plus, il dégoûte franchement.

Ainsi, en quelques mots, un seul homme assoiffé d’ambition personnelle aura réussi une chose sidérante : placer au même niveau qu’un dealer de drogue ou un voleur de motocyclettes l’un des membres de notre profession qui n’avait jamais rien eu à se reprocher depuis des années qu’il exerce.

Un notaire qui se bat au quotidien, avec ses connaissances et son humour, pour sauver les fondements et les valeurs de notre profession.

Comme lui, nous nous battons depuis des mois pour révéler à nos élus et à nos concitoyens le vrai visage de cette réforme : celui de la vente de notre droit à certains professionnels ou financiers, sans aucune considération pour des valeurs que nous défendons depuis Portalis et même bien avant…

Mais ce combat, nous le menons comme nous assumons nos missions : avec honneur et exactitude. Avec loyauté et probité. Avec ténacité et respect de la loi.

De toute évidence, parmi ceux qui nous gouvernent, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Les #notairesfuribards

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